JOURNAL D’ÉCRITURE
Publié le 14 mars 2013
JOURNAL 2013.03.14 – La chronologie comme bouée de sauvetage
2013.03.14 — La chronologie comme bouée de sauvetage
Je bloque depuis deux jours autour d’une scène. Envie d’installer un affrontement entre Colin et Pietro dans un stationnement de pharmacie, à dix minutes de la fermeture (donc de soir), dans un décor balayé par une tempête de neige. Seul ennui : ça se passe l’été ! Je note au passage le plaisir que j’ai à décrire la neige et ses effets sur les gens et les paysages… Puis, je me demande comment résoudre ce problème, car j’ai du mal à imaginer mes personnages dans une autre situation.
C’est idiot, mais ça m’a pris des heures et un grand détour par la chronologie essentielle de l’histoire pour découvrir que je pouvais remplacer cette tempête de neige par une pluie battante ! Quand on reste trop dans ce que l’on a envie d’écrire, et qu’on s’écarte des impératifs du récit, ça peut arriver. Or, ce temps « flou » ne sert pas le récit.
Donc, je suis revenue à la chronologie essentielle que j’avais établie pour cette histoire. J’avais, bien entendu, décidé de l’ordre dans lequel devaient se dérouler les évènements, sans les intégrer dans un vrai calendrier. Je me suis donc attardée à cette opération. À quelle date se déroule telle situation ? Quel jour ? Quelle heure? Pour réaliser que certaines scènes doivent être déplacées, parce qu’elles demandent plus de temps à se développer que d’autres. Ainsi, Sam, qui se trouve aux soins intensifs un mercredi 30 mai, peut difficilement être à son bureau le lundi suivant, 4 juin.
C’est une évidence ? Bien sûr ! Mais on risque de passer à côté, si on écrit le roman au fil de la plume, plutôt que de prendre soin d’inscrire d’abord chaque évènement dans un calendrier réel. En tout cas, cela m’aide, moi. Et me donne des pistes pour exploiter une scène qui se déroulerait le lundi 3 septembre, par exemple. De savoir que ce sera le lundi de la Fête du travail, plutôt qu’un lundi ordinaire, a un impact non négligeable sur les activités de mes personnages et de leur environnement ce jour-là. Ça apporte de l’eau à mon moulin.
Du coup, je suis réconciliée avec la scène de pluie. (Sourire) Surtout, étant mieux au fait de ce qui s’est passé avant cette scène, et à quel moment précis, je sens mieux les personnages.

