Et si je vous parlais de mon projet ?

Tout cela est parti d’un mot, en fait. Le mot « mensonge ». Non, ce n’est pas à cause de l’air du temps, ni parce que je suis influencée par la commission Charbonneau. Cette idée du mensonge, comme base de réflexion à un roman, me tourne dans la tête depuis des années. Sans doute parce que j’ai raconté un gros mensonge, quand j’avais huit ans, et que cela me tourmente encore aujourd’hui. Notre enfance nous quitte-t-elle jamais?

Question de ce matin : Pourquoi me déplacer pour écrire à la bibliothèque, quand j’aurais très bien pu le faire à la maison, alors qu’il tombe des cm de neige et que les routes sont glissantes?

Je bloque depuis deux jours autour d’une scène. Envie d’installer un affrontement entre Colin et Pietro dans un stationnement de pharmacie, à dix minutes de la fermeture (donc de soir), dans un décor balayé par une tempête de neige. Seul ennui : ça se passe l’été ! Je note au passage le plaisir que j’ai à décrire la neige et ses effets sur les gens et les paysages… Puis, je me demande comment résoudre ce problème, car j’ai du mal à imaginer mes personnages dans une autre situation.

Au dîner aujourd’hui, une bibliothécaire me demandait s’il était vrai que les romanciers se font des plans détaillés avant d’écrire. Pas tous, bien sûr. Je fais moi-même partie de ceux qui n’arrivaient pas à suivre un plan. Je préférais que l’histoire se raconte à moi, comme si les évènements s’enfilaient naturellement les uns à la suite des autres.