JOURNAL 2014.10.07 – « Tu m’as lâchée! »25 octobre 2014

Catégorie(s) : Journal d'écriture

Dominique m’écrit :

Tu as écrit, jusqu’ici, soit l’après soit l’avant du cœur de ton histoire. Quel est ce cœur?  

Je retiens du Jardin japonais une phrase magnifique qui m’est allée droit au cœur : « Tu m’as lâchée! » J’aimerais que tu écrives à partir de cette phrase. En explorant l’écriture par fragments, sans soucis de continuité temporelle.    


Je décide de travailler à la main, dans mon carnet de notes Deuil. Peut-être les idées monteront-elles plus spontanément?

Après deux heures de travail à la main, durant lequel je tourne en rond, je fais un essai à l’ordinateur…

« Tu m’as lâchée ! » Cette phrase constitue un chapitre, à elle seule. C’est un coup de poing que reçoit la narratrice en plein plexus. Quelques années après les faits. Entre temps, elle s’est appliquée à ne pas trop ressentir. Pour ne pas souffrir.

Depuis, ce cri du coeur, c’est la chute, le vertige, interminable. C’est Le Cri de Munch. Un silence oppressant. Effrayant. Un cri qui ne délivre de rien.

Dominique a l’art de poser les bonnes questions. Le coeur du roman serait donc ce « Tu m’as lâchée! » Maintenant, va savoir ce que je vais en tirer…

Dominique propose d’aborder le problème avec les 5W du journalisme:

  • Who is it about?
  • What happened?
  • When did it take place?
  • Where did it take place?
  • Why did it happen?
  • How did it happen?

Je lui fais une longue réponse qui m’amène à préciser les personnages. Il y a beaucoup de détails inutiles. Des hypothèses et leur contraire. Juste pour voir ce qui arriverait si je prenais les choses par tel bout, puis par tel autre. Dominique m’amène à pousser jusqu’au bout mes explorations, à trouver le pis du pire, à examiner tant l’envers que l’endroit de la médaille. Pour le moment, mettre tout sur la table.

Viendra bien assez tôt le temps de me demander ce qui est le plus intéressant du point de vue dramatique dans tout ce matériel.

Ce travail m’amène à me détacher progressivement de mon histoire personnelle. Je vois un peu mieux l’histoire qui pourrait en naître -même si je ne sais toujours pas par quel bout la prendre…