Je l’aimais (À propos du décès de Doris Lessing)18 novembre 2013

J’ai rédigé ce matin ce commentaire en ligne sur le site du quotidien Le Devoir. Il a été publié à la suite de l’article (réservé aux abonnés, sauf erreur) d’Odile Tremblay sur Doris Lessing.

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Je l’aimais.
Je l’aime encore, bien sûr, la mort n’efface pas l’amour. Au contraire.
Je l’aimais pour le chemin qu’elle ouvrait dans la nuit de ma vie de jeune femme, avec ses mots comme des faucilles dégageant un chemin dans les terres sauvages.
Je l’aimais pour sa façon de parler de la difficulté d’être mère, ses dénonciations rendaient supportable mon quotidien.
Je l’aimais pour la légèreté avec laquelle elle se moquait des barrières, tout en conservant son allure mesurée d’honnête grand-mère.
Elle ne voulait pas qu’on la suive. Elle donnait seulement, et généreusement, à voir la manière dont elle traçait pas à pas son chemin. À nous de faire le nôtre.
À nous de faire le nôtre…