Comme une limonade fraîche en pleine la canicule24 août 2016

Catégorie(s) : Mes lectures

Et je danse aussi

 

Après des lectures plus denses, je me suis délectée du roman à quatre mains de Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux : Et je danse aussi[1]. Rien de prétentieux dans ce roman épistolaire. C’est léger, attachant, intriguant. C’est solidement construit et ça se lit d’une traite. Il m’a fait du bien, comme une limonade fraîche en pleine canicule.

Le livre n’a l’air de rien. La couverture n’est pas très réussie, en tout cas celle du format de poche. On dirait un roman de gare. Pourtant, Mourlevat… (Les auteurs vont détester mes points de suspension, s’ils lisent ce billet.) Bof! Une fois de temps à autre, pourquoi pas? Ne boudons pas notre plaisir.

Au départ, on a envie de savoir ce que contient la grosse enveloppe matelassée qu’expédie une lectrice « pas comme les autres » au prix Goncourt Pierre-Marie Sotto. De courriel en courriel, de détails anodins en événements spectaculaires, des éléments et des personnages s’ajoutent aux portraits des protagonistes, complexifient l’histoire, les perceptions, les attentes, les craintes. Une curieuse relation se construit entre la lectrice et l’écrivain, tissée de tout ce qui est dit et, surtout, de ce qui est tu. On s’inquiète. On rit. On pleure. On se demande où vont mener ces échanges, même si on s’en doute un peu. Pourtant, sitôt que le récit semble prendre nettement une direction ou encore paraît s’essouffler, voilà qu’il change de trajectoire et relance personnages et lecteurs. C’est bien construit, je vous dis ! Je ne l’ai pas lâché.

Je connaissais Mourlevat, notamment par son excellent Combat d’hiver. Je découvre Bondoux. Le tandem nous offre ici une histoire surprenante. Jusqu’à la fin. Il nous offre en prime quelques réflexions intéressantes sur la soif d’aimer, le besoin d’écrire, la nature de l’écrivain. On n’éprouve pas la nécessité de souligner les phrases marquantes ni d’écrire dans les marges. On se laisser bercer. C’est amusant et reposant à lire. C’est loin d’être bébête, contrairement à ce que j’avais craint. À ma grande surprise, ce roman m’a fait du bien. Je me demande pourquoi je suis étonnée. C’est du Mourlevat, tout de même! Et je pourrai sans doute lire désormais du Bondoux avec une égale confiance.

[1]Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, Pocket, 2016, 310 p.